Sommet IA Inde : chefs d’État & leaders tech réunis
New Delhi, février 2026. Le Sommet IA Inde, l’un des événements les plus attendus de l’année dans le domaine de l’IA, vient d’être accueilli par l’Inde avec l’India AI Impact Summit. Ce rendez-vous historique a réuni des chefs d’État, dirigeants d’entreprises technologiques et experts mondiaux de l’IA. Le pays envoie un signal fort à la communauté internationale. Il s’affirme comme un acteur incontournable de la révolution numérique mondiale.

Un sommet mondial aux ambitions affichées
L’événement a débuté le 16 février 2026. Il se positionne comme bien plus qu’une simple conférence technologique. Le sommet IA Inde ambitionne d’amplifier la voix des pays en développement dans la gouvernance mondiale de la technologie. C’est un enjeu crucial. Trop longtemps, les grandes décisions sur l’IA ont été prises dans les couloirs de Washington ou de Pékin. New Delhi entend désormais peser dans la balance.
Le Premier ministre Narendra Modi a donné le ton dès l’ouverture. Sur X, il a partagé sa vision : “Le thème du sommet est le bien-être pour tous, le bonheur pour tous, reflétant notre engagement commun à exploiter l’intelligence artificielle au service d’un progrès centré sur l’humain.” Un discours profondément humaniste qui tranche avec les débats souvent très techniques de ces grands forums.
Un plateau de participants exceptionnel
La liste des intervenants donne le vertige. Sundar Pichai, directeur général d’Alphabet, Sam Altman d’OpenAI, Dario Amodei d’Anthropic et Demis Hassabis de Google DeepMind ont tous répondu présent. Ces noms représentent à eux seuls une large part de l’intelligence artificielle mondiale. Leur présence simultanée à New Delhi est inédite. Elle confirme l’importance stratégique que le secteur privé accorde à l’Inde.
Côté politique, la surprise est venue d’Europe. Le président français Emmanuel Macron, en visite officielle en Inde, a partagé la scène avec Narendra Modi. Cette présence franco-indienne illustre la dimension géopolitique du sommet. L’IA n’est plus seulement une affaire de startups et de chercheurs. Elle est devenue un enjeu de souveraineté nationale. Les chefs d’État en ont pris acte.
Plus de 250 000 visiteurs étaient attendus à l’événement. Plus de 300 exposants ont présenté leurs solutions sur 70 000 m² d’espace d’exposition. Ce sommet est gigantesque. Il dépasse largement les précédentes éditions de forums similaires organisés à Paris ou à Londres.
L’Inde, un géant en devenir de l’IA
L’Inde ne produit pas encore de modèle fondamental capable de rivaliser avec GPT-4 ou Gemini. Elle l’admet volontiers. Mais sa stratégie est différente, et potentiellement plus efficace à court terme. Le pays mise sur son avantage concurrentiel dans le déploiement à grande échelle. Plutôt que de créer les modèles, l’Inde les adopte massivement. Et les chiffres sont vertigineux.
Fin 2025, l’Inde est devenue le plus grand marché utilisateur d’OpenAI dans le monde, avec plus de 72 millions d’utilisateurs quotidiens de ChatGPT. Ce chiffre dépasse celui des États-Unis. Il montre une appétence populaire pour l’IA qui n’a pas d’équivalent ailleurs. Les entreprises technologiques mondiales l’ont bien compris.
Alphabet, Microsoft et Amazon ont d’ores et déjà annoncé 68 milliards de dollars d’investissements dans les infrastructures IA et cloud en Inde d’ici 2030. Cette manne financière va transformer le paysage technologique indien. Elle financera des data centers, des formations, des startups locales. L’écosystème se structure à une vitesse remarquable.
IA en entreprise : un enjeu central du sommet

Au-delà des discours politiques, le sommet a mis en lumière des enjeux très concrets pour les entreprises. Car si l’enthousiasme pour l’IA est universel, la mise en œuvre opérationnelle reste complexe. Les organisations cherchent des modèles fiables, spécialisés et conformes à leurs besoins métier. C’est précisément ce que documentent les tendances de fond analysées par les experts de IA entreprise 2026 : en 2026, l’heure n’est plus à l’expérimentation généraliste, mais à une adoption pragmatique et spécialisée, où les modèles d’IA doivent prouver leur valeur dans des flux de travail réels et mesurables.
Cette vision résonne particulièrement en Inde. Le secteur informatique indien pèse 283 milliards de dollars. Il emploie des millions de personnes. L’IA y est à la fois une opportunité et une menace. Les analystes de Jefferies estiment que les centres d’appels pourraient voir leurs revenus chuter de 50 % d’ici 2030. L’automatisation progresse vite. Les entreprises indiennes doivent se réinventer.
Le sommet a donc servi de plateforme pour aborder ces transitions. Comment former les travailleurs et créer des régulations adaptées ? Comment garantir que la croissance portée par l’IA profite à tous ? Ces questions ont animé de nombreuses tables rondes.
Gouvernance mondiale : l’Inde veut son mot à dire
L’un des messages les plus forts du sommet est politique. L’Inde revendique une place dans la gouvernance mondiale de l’intelligence artificielle. Jusqu’ici, ce rôle était largement monopolisé par les États-Unis et, dans une moindre mesure, par l’Union européenne avec son AI Act. La Chine développe sa propre doctrine de l’IA.
L’Inde, elle, se positionne comme le porte-voix des pays du Sud global. Elle défend une IA inclusive, accessible, qui ne profite pas uniquement aux économies les plus avancées. C’est un discours qui trouve un écho favorable dans de nombreuses régions d’Afrique, d’Asie du Sud-Est et d’Amérique latine.
Ce positionnement est habile. Il distingue l’Inde dans le concert des nations. Il lui permet de jouer un rôle de médiateur entre les grandes puissances technologiques. Et il renforce son soft power sur la scène internationale.
Un signal fort pour l’avenir

L’India AI Impact Summit 2026 restera dans les mémoires. Ce n’est pas seulement un événement technologique. C’est le symbole d’un rééquilibrage géopolitique autour de l’intelligence artificielle. L’Inde prouve qu’on peut influencer le futur de l’IA sans nécessairement être à l’origine des modèles les plus puissants.
En réunissant les leaders de la tech mondiale, les chefs d’État et des centaines de milliers de participants, New Delhi a démontré sa capacité à organiser le dialogue mondial avec ce sommet IA en Inde. L’IA n’appartient plus à une poignée de pays. Elle est l’affaire de tous. Et l’Inde entend bien le faire savoir.
