IA Québec public : augmentation des projets dans la fonction publique
L’IA Québec public s’impose désormais comme un levier incontournable de la modernisation de l’État. Le nombre d’initiatives en IA dans la fonction publique a bondi de 54 % en moins d’un an. Ce chiffre éloquent illustre une transformation profonde et accélérée. Il révèle une volonté politique claire de faire du numérique un moteur de l’administration publique. Le Québec entre résolument dans une nouvelle ère technologique.

Une croissance sans précédent des initiatives en IA
C’est le ministère de la Cybersécurité et du Numérique (MCN) qui dresse ce bilan remarquable. En juin 2025, 258 initiatives en intelligence artificielle étaient recensées au sein des organismes publics québécois. En octobre 2024, ce chiffre s’établissait à seulement 168. La progression est donc aussi rapide que significative. Plus de la moitié de ces projets étaient déjà pleinement opérationnels. Les 45 % restants se trouvaient encore en phase de développement actif.
Le nombre d’organismes publics impliqués a lui aussi fortement progressé. Au printemps 2025, 83 organismes avaient déclaré des initiatives en IA, contre 65 quelques mois auparavant. Cela représente une hausse de 30 % en l’espace de huit mois. Cette démocratisation de l’outil témoigne d’une maturité croissante des institutions publiques face à la technologie. L’IA n’est plus réservée à quelques pionniers : elle devient une réalité quotidienne pour une grande partie de l’administration.
Les facteurs qui expliquent cet essor
Selon le MCN, plusieurs facteurs convergents expliquent cette accélération spectaculaire. Les solutions d’IA sont aujourd’hui plus accessibles, plus performantes et mieux adaptées aux besoins spécifiques des organismes publics. Elles permettent d’améliorer la qualité des services offerts aux citoyens. Elles servent également à automatiser certaines tâches répétitives à faible valeur ajoutée.
La transformation numérique s’inscrit dans les priorités gouvernementales du Québec, avec l’IA Québec public au cœur des stratégies de modernisation de l’État. Cette ambition est soutenue par des investissements concrets. En décembre 2024, le MCN a publié des mesures encadrant l’utilisation de l’IA générative dans les organismes publics. Il a aussi actualisé ses principes pour une utilisation responsable de l’IA. Ces balises réglementaires ont joué un rôle déterminant dans la confiance accordée à la technologie. Les organisations se sentent désormais mieux outillées pour explorer ou déployer des solutions d’IA de manière sécurisée.
Cette dynamique rejoint d’ailleurs ce que l’on observe à l’échelle mondiale. La notion d’IA infrastructure — soit l’ensemble des systèmes intelligents, automatisés et interconnectés qui soutiennent les opérations publiques ou privées — est aujourd’hui au cœur des stratégies de transformation numérique des gouvernements. L’infrastructure technologique portée par l’IA permet une gestion plus efficace des ressources, une meilleure résilience des systèmes critiques et une optimisation des services aux citoyens. Le Québec ne fait pas exception à cette tendance de fond.
La santé et l’éducation en tête

Les secteurs de la santé et de l’enseignement supérieur concentrent à eux seuls plus de la moitié des projets. Le réseau de la santé et des services sociaux est particulièrement actif. Il représente environ le tiers de toutes les initiatives déclarées. Le réseau d’enseignement supérieur suit de près, avec 58 projets déployés à travers les cégeps et universités. Le ministère des Ressources naturelles et Forêts se classe troisième avec 26 initiatives.
La planification, la prédiction et l’aide à la décision constituent le type d’initiative le plus fréquent, avec 81 projets recensés. Ces outils servent par exemple à établir des diagnostics médicaux plus précis. Ils permettent aussi de détecter les élèves en situation de décrochage scolaire. Le ministère de l’Éducation a ainsi mis en place une solution pour prédire les risques de décrochage de la 6e année du primaire jusqu’au 5e secondaire.
Du côté de la santé, un projet pilote de modélisation des flux de patients en centre hospitalier est en développement. L’objectif est de réduire la durée moyenne des séjours aux urgences. Il vise aussi à diminuer les délais d’attente pour accéder à un lit d’hospitalisation. Ce type d’application concrète illustre parfaitement le potentiel de l’IA pour améliorer les services publics.
Des assistants conversationnels et d’autres solutions innovantes
Le deuxième type de solution le plus courant est celui des assistants ou agents conversationnels, avec 68 initiatives recensées. Ces outils facilitent les interactions entre les citoyens et l’administration. Ils permettent de répondre aux demandes courantes de manière automatisée et disponible en tout temps.
D’autres catégories complètent ce panorama technologique. On recense notamment 36 solutions d’automatisation de processus, 27 projets de traitement d’image ou d’imagerie médicale, et 22 initiatives de gestion géomatique et géospatiale. Ces applications couvrent un spectre très large de besoins administratifs. Au total, 61 projets sont directement destinés à améliorer les prestations de services aux citoyens. L’IA devient ainsi un outil au service direct de la population québécoise.
Une obligation déclarative depuis 2024
Depuis l’adoption d’un arrêté ministériel en février 2024, les organismes publics québécois ont l’obligation de déclarer annuellement au MCN tout projet ou initiative en intelligence artificielle. Cette mesure assure une transparence accrue sur l’utilisation des technologies numériques dans l’appareil d’État. Seules les initiatives liées à la cybersécurité ne sont pas détaillées dans le portrait public.
Cette obligation de déclaration est aussi un levier de gouvernance responsable. Elle permet au gouvernement de suivre l’évolution des pratiques, d’identifier les besoins de soutien et d’anticiper les risques potentiels. Elle contribue à bâtir une culture de l’IA fondée sur la transparence et l’imputabilité.
L’IA Québec public : des perspectives prometteuses pour l’avenir

Le MCN estime que cette tendance à la hausse se maintiendra au cours de la prochaine année. Les technologies en matière d’IA poursuivent leur évolution rapide. Les besoins des organismes publics continuent eux aussi de croître. Le cadre réglementaire mieux établi favorise une adoption plus structurée et sécurisée.
Le Québec se positionne ainsi comme un acteur sérieux dans l’intégration responsable de l’IA au sein de ses institutions. L’enjeu n’est pas seulement technologique. Il est aussi humain, éthique et démocratique. La transformation numérique de l’État québécois est en marche, et l’intelligence artificielle en est désormais l’un des piliers centraux.
