Université Libanaise IA : l’AUF forme les enseignants
L’IA bouleverse l’université libanaise. L’Université Libanaise s’engage désormais dans une transformation numérique d’ampleur. Cette dynamique s’inscrit dans un projet régional plus vaste. L’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF) accompagne ce chantier stratégique. Elle mobilise des moyens conséquents pour former le corps enseignant.

Ce projet porte un nom précis. Il s’appelle « Soutien à l’intégration de l’intelligence artificielle dans l’enseignement supérieur au Moyen-Orient ». Le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères français en assure le financement. L’ambition est claire : préparer les enseignants libanais aux mutations pédagogiques induites par l’IA générative. Cette initiative dépasse largement le simple transfert d’outils technologiques.
Une formation en cascade au cœur du dispositif
La méthode retenue repose sur un principe simple mais efficace. Des référents-formateurs ont d’abord été formés directement par l’AUF. Ils transmettent ensuite ces compétences à leurs collègues. Cette approche en cascade démultiplie l’impact de la formation initiale. Elle crée un effet boule de neige au sein des facultés.
Le support pédagogique central est un SPOC bilingue français-arabe. Il a été conçu spécifiquement pour ce projet. Trois axes structurent son contenu. Le premier concerne l’intégration de l’IA dans les pratiques pédagogiques quotidiennes. Le deuxième explore la ludification pilotée par l’IA. Et le troisième porte sur l’usage de l’intelligence artificielle dans la recherche académique.
Cette architecture pédagogique n’est pas anodine. Elle reflète une conception globale de l’IA en contexte universitaire. L’enseignement, le jeu et la recherche y sont traités comme des dimensions complémentaires. Aucune n’est négligée au profit d’une autre.
Un format hybride pour maximiser l’accessibilité
Les sessions de formation combinent deux modalités. Des activités en ligne alternent avec des rencontres en présentiel. Ce format hybride favorise l’accessibilité géographique. Il facilite aussi l’interaction directe entre pairs. Certaines sessions se sont tenues au Campus numérique francophone de Tripoli. Ce centre d’employabilité francophone joue un rôle logistique essentiel dans le déploiement régional.
Les chiffres témoignent de l’ampleur du dispositif. Une première vague a réuni dix sessions de formation. Elle a mobilisé 208 enseignants engagés. Cette vague a produit 165 scénarios pédagogiques validés. Chaque scénario illustre une appropriation concrète des outils d’IA. Les enseignants ne se contentent pas de suivre une formation théorique. Ils produisent des ressources directement exploitables dans leurs cours.
Une deuxième vague a suivi peu après. Treize sessions supplémentaires ont été organisées. Elles ont rassemblé 264 enseignants engagés. Cette progression confirme l’ancrage croissant de la démarche. Les différentes facultés et départements de l’Université Libanaise s’approprient progressivement ces nouvelles pratiques.
Vers une massification annoncée
Une troisième vague est déjà programmée. Elle se déroulera du 1er au 15 septembre 2026. L’objectif affiché est celui de la massification. Il s’agit d’étendre l’usage responsable de l’IA à l’ensemble de la communauté enseignante. Cette ambition dépasse le cadre d’un simple projet pilote. Elle vise une transformation durable des pratiques universitaires.
Cette dynamique libanaise ne survient pas isolément. Partout dans le monde, les systèmes éducatifs cherchent à structurer la montée en compétences des enseignants face à l’IA. Un article consacré aux Compétences numériques enseignants IA détaille par exemple comment le Vietnam a publié un cadre national inédit, structuré en six domaines et vingt compétences. Cette référence internationale éclaire utilement la démarche entreprise au Liban. Elle montre que la formation à l’IA devient un enjeu stratégique mondial, et non une simple option pédagogique.
Une approche pédagogique en trois dimensions

L’intégration de l’IA dans les pratiques pédagogiques constitue le premier pilier de la formation. Les enseignants apprennent à concevoir des activités enrichies par l’IA. Ils explorent aussi la personnalisation des parcours d’apprentissage. Ces compétences transforment progressivement leur manière d’enseigner.
La ludification pilotée par l’IA représente le deuxième axe. Elle mobilise l’intelligence artificielle pour créer des dispositifs d’apprentissage ludiques. Cette approche capte davantage l’attention des étudiants. Elle favorise également une meilleure rétention des connaissances. Les enseignants découvrent ainsi de nouveaux leviers de motivation.
Le troisième axe concerne la recherche académique. L’IA offre des possibilités inédites pour l’analyse de données. Elle facilite également la rédaction scientifique et la revue de littérature. Les chercheurs libanais peuvent désormais s’appuyer sur ces outils. Cela accélère potentiellement leurs travaux de recherche.
L’AUF, acteur régional incontournable
L’AUF Moyen-Orient ne se limite pas à ce seul projet. Elle organise régulièrement des forums régionaux consacrés à la massification des formations en intelligence artificielle. Un tel forum s’est d’ailleurs tenu le 23 juin 2026. Cette continuité d’action renforce la crédibilité de l’organisation dans la région.
L’agence francophone joue un rôle de catalyseur. Elle connecte les universités entre elles. Elle mutualise également les ressources pédagogiques développées. Cette approche collaborative évite la duplication des efforts. Elle permet aussi une diffusion plus rapide des bonnes pratiques.
Des enjeux qui dépassent le cadre libanais

La formation des enseignants à l’IA soulève des questions éthiques essentielles. La transparence des usages demeure une préoccupation constante. Et la protection des données des étudiants reste également centrale. Les formateurs de l’AUF intègrent ces dimensions dans leurs contenus pédagogiques.
L’usage responsable et contextualisé de l’IA constitue un objectif explicite du projet. Ce n’est pas un détail. C’est au contraire une condition de réussite du dispositif. Une adoption technologique non maîtrisée pourrait générer des dérives. L’AUF cherche donc à accompagner une transition réfléchie plutôt qu’une adoption précipitée.
Le contexte libanais présente des spécificités propres. L’enseignement supérieur y traverse une période de transformation profonde. Les ressources financières demeurent souvent limitées. Dans ce contexte, un financement extérieur comme celui du ministère français prend toute son importance. Il permet de sécuriser la pérennité du projet sur plusieurs années.
Conclusion : une trajectoire prometteuse
Le bilan intermédiaire de ce projet s’avère encourageant. Plus de 470 enseignants ont déjà été formés en deux vagues. Près de 165 scénarios pédagogiques ont été validés et diffusés. Ces résultats témoignent d’une dynamique solide et durable.
La troisième vague, prévue en septembre 2026, confirmera cette trajectoire. Elle marquera une nouvelle étape vers la massification annoncée. L’Université Libanaise se positionne ainsi comme un modèle régional. Elle démontre qu’une transformation numérique ambitieuse reste possible, même dans un contexte économique complexe. L’accompagnement de l’AUF s’avère déterminant dans cette réussite progressive.
